Il y a 100 ans dans le Diocèse d’Avignon : Mars 1917

9 mars 2017

Mandement de carême : une guerre de barbares, c’est un recul de 2500 ans

« Voici un nouveau carême qui nous arrive au milieu de nos épreuves et de nos angoisses de la guerre. C’est le troisième », c’est ainsi que commence l’instruction pastorale de Mgr l’archevêque d’Avignon publié dans la livraison du Bulletin du diocèse d’Avignon du 4 mars. Avec cette longue instruction, l’évêque veut s’entretenir avec les fidèles des événements qui se déroulent « de façon si terrible et si lente », et il souhaite aussi faire part de ses réflexions suggérées par la lecture des Livres Saints « où la lumière divine abonde parmi toutes les réalités de la vie humaine ». Bien sûr, la vie et l’expérience des peuples dans le passé, à bien des égards ressemblent aux événements vécus en ces temps de guerre, mais en outre, reprenant les paroles des prophètes pour « instruire, consoler et relever le peuple ». « J’espère, dit Mgr Latty, faire plus aisément la lumière dans vos esprits et vous rendre plus sensible la main de la Providence dans les tragiques événements dont le monde entier est affligé »

Nos prêtres et nos séminaristes soldats

Le bulletin diocésain est bien sûr l’occasion de donner des nouvelles de chacun, même si cela est fait brièvement : les visites de permission de MM. Vagneur, Hugonenc et Paradis ; la santé de l’abbé Ravoire, en convalescence en France ; les prisonniers, MM. Vial et Sicard ; les distinctions, comme la médaille des épidémies décernée à M. Maury pour son dévouement dans un hôpital de Salonique.
Le bulletin s’étend un peu plus sur la mission de M. Avril « en Orient depuis deux mois et plus, s’ingénie à donner aux cérémonies religieuses de son régiment le plus de solennité possible ; il s’est fait maître de chœur et c’est dans une église de Monastir qu’il fait chanter la messe. ».

En 1917, Jules Avril est âgé de 28 ans. Originaire de Châteauneuf-du-Pape, il ne sera ordonné prêtre qu’en 1920. Il fut successivement vicaire de la paroisse Saint-Florent, d’Orange, puis de Saint-Agricol en 1922. Nommé curé-doyen de Gordes en 1932, il rejoindra l’archevêché comme vice-chancelier en 1934, et sera distingué du titre de chanoine honoraire la même année. En 1938 il devient vicaire général, et le pape le distingue du titre de Prélat de Sa Sainteté en 1947. Après 1971, il restera vicaire général honoraire, jusqu’à son décès en 1977.

Décès dans le clergé

Le diocèse d’Avignon, en ce mois de mars 1917 annonce la perte de deux prêtres : les abbés Hurard et Lemariat.

Jean-Jacques-Célestin Hurard est né le 30 novembre 1832 à Bédarrides, et il sera ordonné prêtre le 6 juin 1857 avec 13 autres confrères. Après avoir été professeur au Petit-Séminaire, il sera successivement vicaire à Entraigues, Cadenet, Piolenc, Bonnieux et La Tour d’Aigues, entre 1858 et 1880. A cette date il est nommé recteur de Veaux, puis de Suzette et enfin aux Imberts. En 1884, il revient à la Tour d’Aigues pour être aumônier de l’établissement des Frères des Ecoles Chrétiennes, avant d’être nommé recteur de Mirabeau en 1891. La même année, pour des raisons de santé, il doit abandonner cette charge et ne reprendra une charge de vicaire à Bédarrides qu’en 1893. En 1896, il est à nouveau aumônier du pensionnat des Frères à la Tour d’Aigues. En 1908, aumônier des Religieuses de Saint-Joseph de l’Hôpital Sainte-Marthe, puis des petites-Sœurs-des-Pauvres à Avignon de 1909 à 1912. Il est décédé le 28 février 1917.

Théodore Antoine Xavier Lemariat est né le 10 janvier 1832 à l’Isle-sur-la-Sorgue et a été ordonné le 17 mai 1856. Après avoir été vicaire à Vaison en 1856, à Cavaillon en 1859, il est nommé recteur de Séguret en 1862. D’abord prêtre auxiliaire à Travaillan en 1872, il en deviendra recteur en 1874, puis à Gigondas en 1878 et à Sablet en 1889. A l’âge de 65 ans, il est nommé aumônier de l’hospice Benoit à L’Isle-sur-la-Sorgue, sa ville natale, où il mourra le 8 mars 1917.