Les archives historiques du diocèse : une mémoire qui s’enrichit

5 décembre 2017

Une stagiaire aux archives historiques du diocèse concluait sa mission en me disant qu’elle était venue trier, classer et inventorier des documents, et que finalement, elle avait surtout rencontré des personnes, découvert leur histoire, aperçu leur vie. Bien des personnes, qui ne voient les archives que comme une pièce de rangement, n’imaginent pas les trésors qu’elles peuvent cacher ! Au fond, il est en de même dans nos relations en société : nous pouvons nous arrêter aux apparences, aux idées reçues et aux jugements hâtifs, ou bien demeurer ouvert à l’échange, à l’écoute, au partage et nous enrichir réciproquement dans nos relations.


C’est ce qui se passe aux archives historiques du diocèse. Et ce ne sont pas seulement les archives qui s’enrichissent, mais la mémoire même du diocèse d’Avignon, des hommes et des femmes, clercs, laïcs et consacrés, qui en ont fait son histoire, et qui en font aujourd’hui son actualité.

De plus en plus de paroisses ont conscience qu’il est important de préserver efficacement leur propre mémoire. Bien sûr, chacun voudrait pouvoir conserver ses propres archives dans son lieu de production, mais cela risque de fragiliser cette mémoire, de la mettre en péril, et de la réserver à quelques privilégiés.

En versant leurs archives anciennes aux archives historiques du diocèse, cela permet d’assurer non seulement le classement et la conservation, mais aussi la mise en valeur et la communication au plus grand nombre. Ce travail permet aux paroisses de prendre aussi conscience de la richesse de leur mémoire, et parfois de faire des découvertes heureuses. C’est ainsi que les archives privées de l’abbé Plaute ont pu être retrouvées dans les archives paroissiales de Châteauneuf-du-Pape, ou quelque document ancien dans les archives paroissiales de Monteux, Apt ou Blauvac, par exemple.


Notre mémoire s’enrichit par ailleurs des dons et des dépôts par des personnes privées. Je voudrais particulièrement les remercier. En effet, ces personnes ont conservé parfois longtemps ces documents auxquels ils sont attachés, surtout parce qu’ils sont reconnaissants envers ceux qui les ont produit, ces prêtres qu’ils ont connu. En donnant ou en déposant ces archives, ils ont eu le souci de préserver et maintenir le souvenir de leur vie et de leur œuvre. Même si ces fonds se réduisent parfois à quelques documents isolés, ou même seulement à une photo, ils contribuent à nourrir et enrichir notre mémoire. C’est ainsi que cette année, un fonds privé de Mgr Jules Avril,


constitué de photos, écrits, correspondance a rejoint les archives diocésaines. Quelques souvenirs du chanoine Aubanel, de l’abbé Delay, du chanoine Laforce, des manuscrits poétiques de Mgr Vigne, du Bx Marie-Eugène de l’Enfant-Jésus sont venus raviver notre mémoire.


En parcourant ces documents, en regardant ces photos, en lisant quelques lignes, en classant ces fonds, l’archiviste apprend à connaître ceux qui les ont produits, même s’ils ont disparu depuis longtemps. Son ambition est de faire connaître la vie et l’œuvre, souvent modestes et cachées, de ces hommes et de ces femmes.