Bienheureux César de Bus

24 avril 2008

Prêtre - 15 Avril

Fils de Jean-Baptiste de Bus, consul de la ville, et d’Anne de la Marche, César de Bus naît le 3 février 1544 à Cavaillon. Sa piété et sa charité se manifestent dès son jeune âge.

Après ses études au collège des Jésuites d’Avignon et un engagement dans l’armée du Comte de Tende, il part rejoindre son frère à la cour de Charles IX en 1565. Malheureusement, il ne parvient pas à résister aux attraits des plaisirs de la vie mondaine. Il quitte Paris en 1568 et revient à Cavaillon puis à Avignon, où il continue de mener une existence frivole et dissipée.

En l’an jubilaire 1575, il se convertit après une rencontre intérieure avec Jésus crucifié et avec le soutien spirituel d’une humble servante et du sacristain de la cathédrale. Dégoûté de la vie mondaine, il décide de se consacrer à Dieu. En août 1582, à l’âge de 38 ans, il est ordonné prêtre par Mgr Scotti, évêque de Cavaillon, dans la cathédrale. Chanoine de celle-ci, il quitte la maison paternelle pour se loger dans le cloître et se livrer à l’étude, à la méditation et aux privations, tout en visitant les malades, les pauvres et les malheureux. De 1586 à 1592, il vit en ermite à côté de la chapelle Saint-Jacques, sur la colline qui domine la ville.

La lecture du catéchisme du Concile de Trente lui donne alors l’idée de créer une société de prêtres qui se feraient catéchistes, en particulier pour les gens sans instruction et les habitants des campagnes. Le 29 septembre 1592, il fonde à l’lsle-sur-la-Sorgue la Congrégation des Prêtres de la Doctrine Chrétienne avec l’approbation de Mgr Bordini, évêque de Cavaillon, puis celle du pape Clément VIII en 1598. Il l’installe à Avignon, dans le couvent de Sainte-Praxède, puis dans celui de Saint-Jean-le-Vieux (sur l’actuel le place Pie). Élu supérieur général de sa congrégation, de graves épreuves de santé l’obligent bientôt à renoncer à cette charge. Devenu aveugle, il continue de prêcher et de confesser ; il répète souvent : « Je n’ai vu ni lu rien en comparaison de ce que Dieu m’a fait voir depuis mon aveuglement ». Il meurt le 15 avril 1607 à Avignon, au matin de Pâques, comme il l’avait prédit : « Ce sera pour moi doublement Pâques, c’est-à-dire le passage du Seigneur et le mien près de Lui ». Son corps est enseveli à Saint-Jean-le-Vieux puis, quand cette église est démolie en 1817, transféré à l’église voisine de Saint Pierre jusqu’en 1836 où ses fils l’accueillent dans leur église romaine de Santa-Maria-in-Monticelli.

Constatant l’ignorance et le manque d’éducation ménagère de beaucoup de femmes, il avait fondé avec Françoise de Bermond, en 1594 à l’lsle-sur-la-Sorgue, l’Institut des Filles de la Doctrine Chrétienne destiné à cette instruction mais qui ne continuera pas dans ce sens après sa mort. En 1789, la Congrégation des Doctrinaires comptait 64 maisons, collèges ou séminaires. Elle est présente aujourd’hui en Italie, en Suisse, en Espagne, au Brésil et dans le diocèse d Avignon qui l’a vue naître. Son fondateur, César de Bus, a été béatifié par le pape Paul VI, le 27 avril 1975. Sa gloire est celle des précurseurs de notre catéchisme moderne et des inventeurs de l’enseignement populaire de la doctrine chrétienne.


Voir le dossier : 2007, quatrième centenaire de la mort du bienheureux César de Bus