Il y a cent ans dans le diocèse d’Avignon - décembre 1917

22 janvier 2018

L’abbé Pierre-Henri Requin

Non loin de l’église de Saint-Joseph-Travailleur se trouve une petite rue de l’abbé Pierre-Henri Requin. Qu’a fait cet ecclésiastique, décédé il y a 100 ans le 12 décembre 1917, pour mériter que son nom et sa mémoire soient ainsi honorés, pour modeste que soit cette rue ?

Pierre-Henri Requin, d’origine modeste et rurale, est né le 6 novembre 1851 à Jonquerettes. Il fut ordonné prêtre le 20 février 1875 et rejoignit le Petit-Séminaire de Sainte-Garde comme professeur, jusqu’au 1° octobre de la même année. Il fut alors successivement vicaire à Morières, au Thor en 1877, à Saint-Siffrein en 1881, et finalement aux Carmes en 1885 jusqu’à ce que lui soit confiée la paroisse de Jonquerettes en 1894. Il assuma cette charge pendant 3 ans. Monseigneur Sueur le nomma alors archiviste diocésain, en 1897, après avoir créé pour lui ce poste. Il assuma, en outre, à partir de 1907 la responsabilité d’aumônier des Pénitents-Blancs, jusqu’en 1909. Il est distingué du titre de chanoine honoraire du Chapitre de la Basilique Métropolitaine de Notre-Dame-des-Doms le 22 février 1904 par Mgr Louis-François Sueur.

L’abbé Requin était un érudit et un chercheur réputé. Monsieur de Vissac, Président de l’Académie de Vaucluse – dont l’abbé fit partie pratiquement depuis sa reconstitution en 1882 – dit de lui : « Il devient connu, on le cite, on recherche sa collaboration, les éditeurs de Paris réclament sa prose ». Il a, en outre, été aussi correspondant du Ministre de l’Instruction Publique, membre du Comité du Ministère des Beaux-Arts, membre correspondant de la Société des Antiquaires de France, et de bien d’autres institutions. Il fut même nommé officier de l’Instruction publique le 28 avril 1897.
S’il s’est intéressé particulièrement à l’histoire de l’Art à Avignon et en Provence, il fut conduit aussi à dépouiller méthodiquement de nombreux fonds d’archives, spécialement celles des notaires, et par là, à faire de nombreuses et importantes découvertes.
C’est grâce à lui que le tableau du couronnement de la Vierge, à Villeneuve, fut attribué à son véritable auteur Enguerrand Quarton. Collectionneur, le musée du Petit-Palais d’Avignon conserve l’un des pièces majeures de sa collection La Vierge à l’Enfant entre deux saints et deux donateurs, qui date de la moitié du XV°s et appelé Retable Requin, même si par la suite on a pu l’attribuer à Enguerrand Quarton.
Cet érudit a beaucoup étudié et publié de nombreux essais et articles sur l’histoire de l’art, les artistes, l’histoire locale et l’imprimerie. On attendait la publication de son Dictionnaire des noms d’artistes d’Avignon et du Comtat, qui aurait pu représenter 7 à 8 volumes, mais qui n’est resté qu’à l’état de manuscrit conservé à la Bibliothèque municipale d’Avignon (ms 4491-4501), mais il dut y renoncer, à la suite d’importants problèmes de santé en 1912.

L’hommage est modeste et loin d’être exhaustif, tant ses recherches, ses publications, ses articles, ses collaborations furent nombreuses. Toutefois, ce m’est un devoir fraternel et filial d’honorer la mémoire de celui qui a initié un authentique travail de recherche, de préservation et de sauvegarde des archives ecclésiastiques du diocèse d’Avignon.