Il y a cent ans dans le diocèse d’Avignon - juillet-septembre 1918

12 septembre 2018

Au seuil de la cinquième année de guerre

Le 25 juillet 1918, Mgr Latty, archevêque d’Avignon, adresse à son clergé une lettre ordonnant des prières solennelles. S’il répond en cela à la demande des cardinaux de France, cette initiative avait déjà été anticipée, et une journée de prière solennelle était prévue pour la dimanche 4 août.


Le prélat écrit : « Quatre années de guerre, et d’une guerre où l’on aura vu toutes les horreurs et souffert tous les maux ; on se demande aujourd’hui comment nous avons pu les supporter ! Il y a eu des heures de péril et d’angoisse dont le seul souvenir donne le frisson ; et il s’y est joint des privations de toute sorte comme nous n’en avions jamais connu. Le pays a tenu bon, tandis que nos vaillantes armées résistaient aux chocs furieux et sans cesse renouvelés d’un ennemi dont le nombre et l’arment avaient grandi à la faveur d’événements aussi lamentables qu’imprévus… La France aurait pu périr cent fois ». Face à ce constat, monte du cœur du pasteur une action de grâce pour l’aide manifeste que Dieu a apporté à la France, toutefois, il demeure réaliste sur ce qu’il reste à faire et à vivre. « Nous aurons encore à souffrir, et il reste à nos armées de grands et rudes combats à rendre : notre liberté à reconquérir, nos droits à recouvrer, l’empire de la justice et de la paix à assurer, exigeront de nous de cruels sacrifices ».

Dans ce but, l’évêque rappelle aux prêtres qu’une prière humble et sérieuse est nécessaire et pour que les efforts de prière soient efficaces, il faut associer à celle-ci la sincérité et la conversion.
Le dimanche 4 août, au cours de la messe célébrée par Monsieur le chanoine Raymond devant une assistance nombreuse – dont Monsieur le Maire d’Avignon-, Mgr l’archevêque est monté en chaire pour soutenir et encourager la prière des fidèles.

Le lieutenant Jules Pinet


Jules Pinet est né à Malaucène en 1889, et il fut ordonné prêtre en juin 1920. Lorsqu’il est mobilisé le 3 août 1914, il n’est encore que diacre. Il rejoint le 58° Régiment d’Infanterie. En avril 1916, il devient sous-lieutenant au 297° Régiment d’Infanterie, et lieutenant en avril 1918. Il est distingué d’une citation, pour la troisième fois, en juin 1918 : « Officier d’élite ; modèle d’énergie et de calme. Blessé en entraînant sa section à l’assaut d’une position battue par les mitrailleuses ennemies. N’a consenti à se laisser évacuer qu’après avoir réorganisé sa section sur la position qu’elle occupait, en avoir passé le commandement à son sous-officier et rendu compte de sa mission. A rapporté des renseignements utiles sur la situation de l’ennemi ». En 1920, il sera fait chevalier de la Légion d’honneur.

Après la guerre, ayant reçu l’ordination sacerdotale, après plusieurs fonctions de vicaire à Apt, Saint-Didier dans Avignon, il devient directeur des Œuvres en 1926. Il est fait chanoine honoraire en 1934, et en 1937, devient curé-doyen de St-Pierre d’Avignon. En 1944, il est archiprêtre de Saint-Siffrein, et chanoine titulaire du chapitre de la Basilique Métropolitaine de Notre-Dame-des-Doms en 1954. Il décédera le 4 juin 1965.